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La vie, cette magicienne.
J’avais le goût de profiter de l’accalmie matinale, accalmie théorique, évidemment, puisque la cuisine est en bordel, le plancher que je lave une fois par jour crotté rare, ma tignasse échevelée, un Chenapan qui essaie de faire un casse-tête pour ME casser la tête, et une Enfant du Siècle qui pleurniche son malheur, demandez-lui lequel car moi-même je l’ignore, en regardant un épisode désuet mais tellement coooollll du « Petit Castor ».
J’avais le goût, donc, de profiter de l’accalmie matinale pour écrire. Mais ne voilà t-il pas que ma connexion est caputte, morte, en vacances, ou en tout cas évaporée dans le paysage. De quoi afficher l’avis de disparition sur les boites de lait de soya. Sans ma connection internet, je ne suis rien. Ou presque rien. Une poussière de Fadette perdue quelque part dans un p’tit coin creu du Saguenay, entre les Monts-Valins et les Laurentides. Pas de voiture, pas d’amis, pas de famille. Et maintenant… plus de connexion internet. Misère!!!
Allez allez! C’est le moment parfait pour pleurer sur mon sort.
N’en faites absolument rien.
Je vous le jure.
Mais pas d’internet, je fais dure. C’est ma drogue. Ma cigarette matinale. Ma patch anti-déprime, anti-solitude, anti-tout. C’est ici que je fais les plus belles rencontres, car même virtuelle, une rencontre vaut pour moi ce qu’elle vaut. Pourquoi dévaloriserait-on les rencontre virtuelles? Elles représentent pour moi, et c’est l’expérience qui s’exprime, ici, mes plus belles découvertes humaines. Émotionnelles. Amicales. Amoureuses.
La panique générale quand j’ai laissé mon premier amoureux parce que j’ai été frappée en plein cœur par un total coup de foudre virtuel intense qui s’est concrétisé au bout de quelques jours et qui a duré 2 ans.
« Elle est folle. Elle risque sa peau. Elle va se faire tuer. »
L’effet fut atténué lorsque j’ai rencontré Roméo, une nuit de janvier, alors que, blasée par beaucoup de chose, et blasée par moi-même, j’allais fermer mon ordinateur.
« Coucou. Ça va? Tu as lu ma fiche? »
Et bla bla bla. La machine est partie pour… ça dure depuis 7 ans maintenant. 1 appartement, 2 maisons, une nouvelle région et 2 enfants plus tard, la machine brasse son affaire encore.
Rencontrer son mec sur internet ou au coin de la rue… à l’ère du cyberespace, qu’est-ce que ça peut bien changer, dites-moi? En quoi cette rencontre aurait moins de valeur si j’ai la chance inouïe de tomber (Pafff) sur la bonne personne en un clic de souris? Et puis, pour les ceuzes qui me connaissent bien, vous savez que je ne crois pas au hasard. Il faut savoir évoluer. Notre ère un peu flyé nous permet maintenant de vivre autrement. Et le virtuel, souvent, se montre plus concret que le concret lui-même. Plus intense, plus réel, surtout lorsqu’il se transforme en concret.
Parce qu’il faut croire à la magie
par petite fadette | le 2009-07-03 13:22:54 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Je suis baveuse et je l’assume.
La vie est drôle, parfois. Ces temps-ci, elle est d’autant plus drôle, cette vie, qu’elle joue des tours pendables aux ceuzes qui aiment bien me taquiner depuis que j’habite un peu plus au nord que tous les ceuzes que je connaisse.
Sur Facebook et ailleurs, les gens se plaignent du mauvais temps. Les gens prient le soleil de se montrer la binette, alors que j’ai dû couper ma DEUXIÈME bouteille d’écran solaire pour aller chercher tout au fond cette crème prodige qui protège ma peau contre les méchants rayons du méchant soleil qu’on s’acharne toutefois à prier.
Drôle d’affaire.
Les vivaces qui fleurissent au jardin fleurissaient par le bas, la semaine dernière, par manque d’eau et par surplus de soleil. Les pauvres petites! Toutes piteuses en plus! Maintenant, elles sont heureuses avec ce peu de pluie qui daigne leur tomber sur les pétales!
Je ressemble maintenant à une pitoune de Baywatch, avec mon beau bronzage 100% naturel. J’ai même du blond dans les cheveux. Ne manque plus que le rembourrage de poitrine pour faire crédible. Et un peu de jogging pour me sculpter des fesses crédibles. Mes ligaments crient « NOOOOONNNNNN!!! PITIÉÉÉÉÉÉÉ!!!! »
Pas de panique, ostique. Ça fait assez mal comme ça, les lombaires étirées. Faut pas trop en demander. Déjà qu’à Montréal-sur-mer, ce sont les parapluies qui dansent!!!
Eh qu’suis méchante!
par petite fadette | le 2009-07-01 10:24:13 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Nouvelle rubrique.
Je suis en train de poursuivre ma lecture de « La petite Poule d’eau ». Gabrielle Roy. Ça peut sembler vieux comme ça, mais je ne suis pas du genre littérature contemporaine, puisque j’ai surtout baigné dans les vieilles choses à l’université, dans mon jeune temps.
Bref… j’ai toujours voué une admiration profonde pour Gabrielle Roy, même si la plupart des étudiants au cégep détestait notre prof de nous faire lire « Bonheur d’occasion », que j’ai lu et relu maintes fois depuis ce temps, avec à chaque fois une lecture différente, mais un plaisir sans cesse renouvelé.
Il y a 8 ou 9 ans de ça, alors que j’étais couchée sur la chaise d’un chiropraticien coin St-Denis et St-Joseph à Montréal, lui et moi discutions littérature, comme toujours, puisque je trimballais à chaque fois un bouquin que je devais terminer vite vite vite pour en commencer un autre vite vite vite pour vite vite vite penser arriver à faire quelque chose avant la mi-session.
Ce doc, beau et anglophone, me racontait ses lectures de son accent anglais sexy. Il semblait aussi passionné par les lettres que par les vertèbres de ses patientes. Un jour, il me racontait son bonheur d’avoir découvert « La petite poule d’eau ». Je connaissais le livre sans l’avoir lu, évidemment, et lorsque j’ai vu la petite poule sur les tablettes d’une librairie d’occasion, quelques années plus tard, j’ai tout de suite acheté le livre en pensant à ce doc que j’aimais bien.
Curieusement, Gabrielle Roy est née au Manitoba, comme ce doc à lunettes. L’histoire de cette poule d’eau, qui est en réalité un lieu perdu dans le nord du Manitoba, mais surtout une école perdue, un lieu d’apprentissage, de connaissances, qui signe inévitablement le début de la fin de cette vie reculée… l’histoire de cette poule d’eau, donc, qui traduit en même temps un malaise entre la connaissance et l’ignorance, et entre le Canadien-Français de petite culture et l’Anglo en qui nous retrouvons tout le savoir, la culture, la richesse. La petite poule, re-donc, regroupe une famille qui vit sur l’île de la Petite Poule d’Eau. Une île fort reculée, au nord de la province, et sur laquelle la seule culture que nous pouvions y trouver était celle des moutons et des enfants Tousignant.
C’est l’histoire de l’Histoire. L’histoire de la culture en dérive qui, une fois son chemin retrouvé, ne désire plus le quitter. C’est l’histoire d’une mère de famille (tiens donc!) fort souriante, dévouée, enjouée, qui fait des enfants pour peupler son île, et qui leur octroie des prénoms triples pour combler ce vide insulaire. Roberta-Louise-Célestine. André-Amable-Sébastien. Joséphine-Yolande. « Comme pour mieux peupler la solitude où elle vivait, Luzina avait donné à chacun de ses enfants toute une kyrielle de noms d’après les grands de l’histoire ou tirés des rares romans sur lesquels elle avait réussi à mettre la main. » Joli, non?
Un jour, l’idée lui vient de fonder une école pour sa myriade d’enfants. Gênée malgré sa verve, puisqu’à l’époque les francophones étaient nécessairement timides devant un anglo, elle écrit au gouvernement du Manitoba son désir de construire une école, sur son île, pour ses enfants. Luzina fait tellement d’enfants que j’en ai perdu le compte. L’école se construit tranquillement, les bureaux, l’estrade, les effaces et les craies. Une maîtresse d’école arrive, qui souffle aux enfants ce désir d’apprendre.
Tranquillement, mais efficacement, la conscience d’un monde autre que celui dans lequel ils vivent s’ouvre aux enfants. Un a un, ils quittent cette mère de leur monde pour en retrouver une autre : celle de la connaissance. Luzina finit par se retrouver seule, à 50 ans, avec son mari et son dernier bébé.
Je suis rendue là.
Je n’écrirai pas la splendeur et l’efficacité de l’écriture de Gabrielle Roy. Ma prose déficiente ne rendrait en rien la perfection de son écriture.
En voici toutefois un extrait, celui qui donne le ton au roman. Celui qui me donne envie de pleurer, parce que la perfection est une chose qui se pleure de bonheur, pour moi.
« Elle aimait naturellement écrire des lettres. Écrire au gouvernement ne l’avait pas trop embarrassée. Le gouvernement était bien un peu responsable de l’ignorance dans l’île de la Petite Poule d’Eau puisqu’il avait attendu tant d’années pour leur donner une école. D’ailleurs, le fait que le gouvernement ne connaissait guère le français l’avait mise à l’aise; il ne relèverait pas les fautes d’orthographes de Luzina. Les réponses du gouvernement, dactylographiées et en anglais, ne l’avaient pas énormément troublée. C’était la lettre de la maîtresse, d’une belle calligraphie absolument droite et sans ratures, qui, lui révélant la perfection que pouvait atteindre une lettre dans la forme et dans le fond, accablait Luzina. Désormais elle ne serait plus tout à fait heureuse en écrivant. Mais le sort en était jeté. Luzina l’avait fixé pour toujours dès le moment où elle avait fait appel à l’instruction. Sa destinée serait maintenant d’écrire. D’écrire sans fin. D’écrire jusqu’au bout de ses jours. »
par petite fadette | le 2009-06-29 08:59:54 | PERMALIEN
| Lectures.
Plutôt que d’écrire des niaiseries, je préfère ne rien écrire. Il fait trop beau. Vite, grouille-toi les fesses, Fadette, et au jardin ça presse!
par petite fadette | le 2009-06-19 08:14:40 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Camping, quétaineries et Elvis Gratton de ce monde.
« Rouler pas vite, ça veut dire 10 km/heure », sermonne la nasillarde voix de madame Louisette, qu’on imagine en jaquette, pour le plaisir, et qui a fait mon bonheur durant ma brève visite au camping St-G. à St-G., au lac St-J.
Pas besoin de billets d’avion. Juste une quarantaine de minutes de patience avant de plonger les pieds dans le sable brûlant d’une plage magnifique d’un lac gigantesque dont la légère courbe à l’horizon nous laisse deviner que la Terre n’est pas carrée.
Vivre à une quarantaine de minute d’un coin de paradis. C’est-tu pas beau, ça, mon ami?
Évidemment… Celui qui inventera une crème solaire qui n’attire pas le sable comme un aimant attire le fer n’est pas encore né, je crois. On ne peut pas tout avoir dans la vie.
Préoccupation matérielle et secondaire.
Les choses plus sérieuses, du genre dormir sur la plage en attendant de noircir comme un morceau de charbon.
Ou de rougir comme un homard trop cuit, selon l’épiderme, évidemment.
Ou bien se surprendre en train de fredonner une chanson quétaine du groupe non-moins quétaine les « BB ».
Ou bien pisser entre les deux tables de pique-nique abandonnées tout près de la clôture qui sépare le camping des terrains privés, à 2h le matin, le cul au froid mais le reste bien au chaud dans notre vieux pyjama en flanelle.
Attendre que tout le monde se réveille après une nuit reposante, Gabrielle Roy à la main, assise devant l’immensité du lac, le cœur ouvert à cette solitude des Commencements.
J’en redemande. J’en redemande encore. Même si je suis archi-pourrite dans le montage et le démontage d’une tente. Et même s’il me faut coûte que coûte un Roméo, car j’ai été élevée à avoir peur de tout, et qu’à mon âge, il est bien difficile de semer une âme de scout dans un cœur de rêveuse solitaire très peu adroite de ses mains, à part évidemment pour tourner les pages d’un roman enchanteresse, de façonner de tendres boulettes qui composeront un décadent ragoût ou pour savonner-frotter-rincer une tenace tache d’une couleur improbable qui décore sans grâce le chandail à rayures roses de ma Princesse Pout Pout, nouvellement baptisée « L’enfant du siècle » pour les besoins de la cause.
Voilà tout ce que j’avais à dire.
Et maintenant.
Le sacro-saint SILENCE.
par petite fadette | le 2009-06-15 09:51:12 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Comme une odeur de mort.
Pas 1
Pas 2
Ni 3
Peut-être 6?
Même pas!
7!!!!
7 F-18 qui survolent au-dessus de nos frisettes, casquettes, couettes, et qui font des pirouettes, et qui font des «FFFFFIIIIIIIIIIIIIII » à effrayer les souris qui dorment sous terre. À effrayer Chenapan dans son carré de sable.
Ces oiseaux d’acier polluent nos oreilles. Bousillent la dette. Bousillent des vies.
J’adorais voir ces monstres bruyant voler, pirouetter comme des danseuses du ciel. Au premier degré, tout ce chichi est très beau. Mais en regardant plus loin que le bout de son nez, je ne peux m’empêcher de penser au gaspillage de l’essence. Au gaspillage du temps. À l’argent dilapidé en quelques secondes, puisque ces géants, on ne les retrouve pas sur les tablettes du Dollarama, genre.
Et il y a la guerre. Et son odeur de mort.
Cette invention du diable. Cette monstruosité. Cette chose inutile et destructrice que représente la guerre.
Désolée pour les adeptes.
Moi, j’embarque pas.
« La guerre la guerre! C’est pas une raison pour se faire mal! »
par petite fadette | le 2009-06-12 12:23:20 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Un peu de tout, pas mal de rien!
ARRRKKKK…. Dégueulasse. C’est vraiment dégueulasse.
J’ai troqué mon café torréfié de façon artisanale, bio et très cher, contre le Kirkland, le Colombien à torréfaction foncé, qui coûte 2$ de moins pour 4 fois le poids, genre.
Mais c’est absolument dégueulasse. La différence détonne. Étonne. Choque. Atrophie les papilles. Gâche mon matin.. Mon bonheur. La qualité de ma vie. Met en péril la continuité de mon existence terrestre. Etc etc etc.
Ceci dit, je vais survivre, et c’est tant pis pour vous. Mais c’est franchement dégueulasse.
Passons aux choses sérieuses. Pas le temps d’écrire aujourd’hui, comme tous les autres jours, même si je fais un pied de nez à mon emploi surchargé de PDG de ma compagnie de gestion des malheurs terrestres qui accablent plus petits que soi. Mais non, c’est même pas vrai!!! J’enregistre les « Feux de l’amour » et « Top Modèles » en HD pis je les écoute en boucle, non stop, du matin au soir, pis quand Roméo arrive de son travail, je cours cours cours vite vite vite mettre un tablier taché de sauce, je libère une mèche rebelle de mon chignon et je me graisse le visage de margarine pour montrer que j’ai eu chaud, que je travaille fort dans cette maison, pis que je mérite un bon souper au resto la semaine des quatre jeudis, tsé.
Ahhhh!!! Si la vie était comme ça…
Je dois plutôt annoncer au boulanger que je suis un peu tannée qu’il se permette d’entrer chez moi sans que je lui dise d’entrer, tsé. Job plate à faire, je sais. La cerise sur le sundae, c’est qu’en plus de ça, je dois lui dire de ne plus revenir car son pain est trop ordinaire, et que je préfère ma miche rustique de mon artisan-boulanger. Parce qu’un travail fait avec amour, ça goûte l’amour et c’est habituellement toujours très bon. Et puis… Beaucoup de choses à faire. Trop de choses à faire. Comme tout le monde, dans le meilleur des mondes.
Je dois franchement me remettre au yoga. C’est tellement facile à dire! Comment une personne « normale » peut-elle tout faire dans une journée en plus de son heure de jogging et des lunchs à préparer pour le lendemain et garder sa santé mentale intacte?
Que vous soyez heureux
Que vous soyez en paix
Que vous soyez libre de toute souffrance
(J’adore cette méditation de la guérison. Je viens de retrouver ces lignes dans ma lettre quotidienne que je reçois quotidiennement de la part de cette « diva du yoga ». Ça me rappelle que méditer, c’est la clé du matin et le verrou du soir, comme disait un certain Gandhi, j’crois. Un petit rappel comme ça dans mon courriel qui veut sûrement dire de lâcher prise, certes, mais de ne pas lâcher le yoga.)
À quand les journées de 30 heures?
par petite fadette | le 2009-06-11 09:36:23 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va, Petite Zen
Propos d’une Princesse désespérée.
Imaginez une petite voix larmoyante, toute pleine de désespoir, crier à la Terre entière : « Papa ramasse pas. Maman ramasse pas. Chenapan ramasse pas. Il n’y a que moi qui ramasse. JE SUIS LA RAMASSEUSE!!!!!! »
Et elle n’a que 5 ans.
par petite fadette | le 2009-06-10 19:10:52 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Maman mode d'emploi.
S’il y en a un seul qui ose s’ouvrir le bec pour me demander ce que je fous à la maison, et pourquoi je suis sans cesse fatiguée, ou pourquoi j’ai envie de vacances alors que je suis justement en vacances depuis 5 ans, je l’enfonce jusqu’aux genoux dans mon potager avec un maillet et je lui ferai porter un chapeau de paille pour effrayer les moufettes durant tout l’été.
Des volontaires?
Des questions? Commentaires? Insultes? Encouragements?
Les éducatrices n’ont aucun mérite. Aucun. Elles éduquent les enfants, ça va de soi et c’est complètement louable et courageux de leur part, car la paye au bout de la ligne n’est pas proportionnelle à leurs efforts, à mon avis. Après tout, elle ont la santé, la joie, l’avenir et la vie de vos enfants entre leurs blanches mains, pas vrai? Est-ce qu’on s’entend vous et moi pour dire qu’une éducatrice, ça éduque. Point. Ça ne frotte pas. Ça ne lessive pas. Ça ne ménage pas. Ça ne cuisine pas non plus. Ça éduque, et c’est très bien ainsi.
Et moi? Quel est mon salaire a moi? Un déjeuner à la fête des mère au resto du coin? Non pas que je me plaigne, j’adore mon métier, même si on me demande 100 fois par jour si je pense travailler un jour… Je m’excuse, mais je travaille. Pas convaincus? Laissez-moi vous raconter.
Minuit. Maman se lève. Chenapan a fait un cauchemar.
2h30. Maman se lève. Princesse Pout Pout rêve d’une sorcière méchante.
4h. Princesse Pout Pout vient m’embrasser dans mon lit. Elle a fait un mauvais rêve. Maman, s.t.p., dis oui et viens te coucher avec moiiiiiiiiiiii.
5h30. Coup de coude de la Princesse en plein visage.
6h. Maman va tomber du lit. Princesse, pousse-toi un peu, lala.
7h. Le cadran de Roméo sonne.
7h30. Chenapan gazouille et appelle sa mammmmaaaaaannnnnn….Pipi sur le pot. Changement de couche.
8h. Café. Déjeuner. Blogue. Pipi sur le pot.
8h30. Café. Blogue. Comics à la télé. Déjeuner. Lavages de becs. Lavages de petites mains. Le beurre d’arachide, c’est meurtrier pour les p’tits becs. Laver le plancher qui a accueillis le déjeuner des nenfants-chéris. Pipi sur le pot. Crise parce que Chenapan n’a pas envie de pisser sur le pot, mais dans sa couche.
8h45. Mamaaaaannnn!!! On veut bricoler. Un instant les enfants, maman n’a pas fini de manger sa toast. Je termine, et je sors le bricolage. Chenapan, va faire pipi sur le pot. NOOOONNNN. Chenapan! NOOOOONNN. CHENAPAAAANNNNN!!!!!! OUIIIINNNNNNNN!!!
9h. Chenapan a fait caca dans sa couche. Change la couche. On sort les bricolages du garde-robe. Ahhhh!!! Maman! On veut jouer à Dora à la place. Parfait pour Dora. Je sors le jeu, les zamis, mais après je prépare le bouillon de poulet qui doit mijoter deux heures. Vous savez, vous l’aimez bien, ma soupe maison. Ensuite, je dégraisserai le bouillon. Je ferai la soupe. Ce soir, un bon ragoût de boulettes? Maison, là, pas celui en canne. Qui est-ce qui peut se venter de manger un ragoût de boulettes maison en plein milieu de semaine???
9h15. Mammmaaaannnn!!! Viens m’essuyer, j’ai fait caca. En même temps, j’ai mouillé ma culotte et le plancher, parce que j’étais trop pressée. Viens laver, maman. J’ai mis trop de savon dans ma main, maman. Ça a coulé partout. C’est pas grave, maman. Tu sais bien tout nettoyer, maman.
9h18. Mammmaaannnnn!!!! Je ne veux plus jouer à Dora. Je veux bricoler.
9h20. Mammmaaannn!!! Viens m’aider! Je ne sais pas comment faire un autobus.
9h25. Mammmmaaaaaaannnnn! Chenapan a dessiné sur mon bricolage. Bouuuuhhhhhh!
9h30. Je ne veux plus bricoler, maman. Je ne veux pas ranger. C’est tout le temps moi qui range, maman. Pourquoi c’est tout le temps moi, maman? Qu’est-ce que j’ai fait, maman, pour mériter ce mauvais sort? Je veux changer de planète maman.
9h45. Une collation, mamaaaannnn!!! Je veux une pomme en coccinelle.
10h. Oups! Le bouillon de poulet est encore dans les pensées de maman. Vite, mijotons, mijotez, assaisonnez.
10h15. Mammmaaaaannnn!!!! Chenapan m’a donné un coup sur le nez!
10h16. Mamaaaaaannnnnn!!! Je m’ennuie de grand-maman J. Pourquoi ne vient-elle jamais nous voir?
10h20. Oups. Les exercices d’orthophonie. C’est l’histoire de ma vie depuis deux ans. Il faut bien AR-TI-CU-LER. GES-TI-CU-LER. Avoir l’air un peu attarder, mais c’est ce qu’il faut quand on aime nos enfants.
10h30. Maaammmmaaannnn!!! Chenapan a encore fait caca dans sa couche. Qu’est-ce qu’on mange pour dîner mamaaaannnnnn????
10h35. Maman, je veux jouer avec toi au jeu de chocolats. Mais maman! Je ne veux pas que la mouche mange mon chocolat! Même si c’est ça, le jeu, je ne veux pas jouer comme ça. Pourquoi moi, maman?
11h. Mamaaannn!!!! J’ai faim. J’ai faim. J’ai faim.
11h15. Mamaaaannn!!!! Je veux une collation. J’ai faim. Je veux un bonbon. J’ai faim. Je m’ennuie de tout le monde que je connais. J’ai faim.
11h30. Mamannnn!!! J’ai plus faim. Je ne veux plus manger. Je veux dessiner dehors. Viens-tu dessiner avec moi???
12h. Maaaammmmaaaannn!!! Les crayons sont tombés dehors! Je dois aller les chercher. Huuummm!! Ça sent le bon bouillon, maman. On mange de la soupe ce soir? Je ne veux pas des nouilles aux œufs dans ma soupe, maman.
Pourquoi tu fais du lavage, maman? Pourquoi tu fais du ménage, maman? Pourquoi tu laves le plancher aujourd’hui, maman. Pourtant, je ne fais pas de miettes, maman! Je salis mon chandail qu’il faut faire tremper. Il y a des miettes partout sur le plancher. Ensuite je me lève, je touche les chaises avec mes mains sales. Je ne vois pas pourquoi tu t’impatientes, maman. Tu penses acheter un chien pour qu’il nettoie le plancher, maman? Mais il faudra que tu t’en occupes. As-tu nettoyé la litière des chats, d’abord? Sont-ils nourris? As-tu oublié de les sortir du garage ce matin? Les fleurs sont-elles arrosées? La citrouille semée au jardin? Maaaaaaammmmmaaaaannnnnn!!!!! Il faut vider le lave-vaisselle, maman. Et le remplir. Et le partir. Et le vider. Il faut penser au souper, déjà, maman. Mammmaaannn!!! Je veux aller jouer au sable. Mais il faudra nous laver et changer nos vêtements avant d’entrer dans la maison. Oups!!! Des mouches qui piquent, maman, dehors! Du chasse-moustique? De la crème solaire? Mamaaaannnn! Plus de crème solaire! Inscris-là dans ton carnet. Il faut en acheter.
Maman, tu ne joues pas avec nous, tu prépares le souper, pourquoi, maman? Pourquoi pourquoi?
Qui pensait que je passais mes journées les deux doigts dans le nez à regarder 3 ou 4 fois de file « Les feux de l’amour »?
Je peux continuer jusqu’à 21h, si ça vous tente.
Ça vous tente?
par petite fadette | le 2009-06-10 11:53:45 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va
Un peu trop, peut-être, mais franchement pas assez, tsé.
Petite journée très calme et sans embûches passée à bêcher le potager, enlever les trois tonnes de racines de framboisiers qui empêchaient mes légumes de pousser l’an dernier. Petite journée calme de rien du tout passée à me muscler les bras et le dos à force de travailler comme une vraie de vraie p’tite fermière, foulard dans les cheveux et bottes de pluie à l’appui. Il est 19h42, en cette magnifique et venteuse soirée, et mon corps courbaturé et éreinté est déjà tout propre, lavé de cette terre noire et agréable qui rappelle mon enfance à la campagne, revêtu d’un pyjama peut-être trop chaud pour cette superbe soirée. Trop folle que je suis, à écouter Roméo qui parle et jase au téléphone. Trop folle que je suis, à écrire sur ce blogue alors qu’il fait si beau dehors et qu’il vente un vent froid d’après la pluie. Trop folle, mais pas assez folle pour rester une minute de plus ici.
par petite fadette | le 2009-06-06 19:49:48 | PERMALIEN
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