Qu’il fait bon d’être chez soi, dans ses guenilles, dans ses acariens, dans sa crasse et sa poussière, dans ses poils de chat et dans la bave de son bébé.
Je suis de retour chez moi depuis vendredi dernier. C’est tout à fait libre, sans Roméo, sans Chenapan et sans Princesse, que je suis allée passer la semaine chez mes parents, comme dans le bon vieux temps qui n’était pas si bon que ça, à bien y penser. J’ai dû laissé mes enfants chez ma belle-mère puisque nos planchers criaient un urgent besoin de se refaire une beauté. Que de temps et d’argent semés ici et là depuis trois courtes années dans ma maison de campagne. Ça suffit, maintenant! Il ne reste que le sous-sol à terminer et la cuisine à relooker d’ici deux ans, peut-être.
Me voilà maintenant dans ma petite maison douillette, toute propre maintenant, débarrassée de la poussière de bois qui nous rentrait dans le nez.
Du pain sur la planche. Le ménage à terminer, mais ça s’en vient. La lessive à terminer, mais ça s’en vient aussi. Les courriels à répondre et les blogues à lire, à relire et à commenter. Mes milliers de petites listes inscrites sur des bouts de papier qui traînent ici et là à biffer, à réinscrire proprement et à jeter dans le bac bleu qui sera ramassé vendredi aux aurores.
Belle semaine à ne rien faire chez mes parents. Quand je dis « rien faire », ça veut dire « rien faire ». Suis-je habituée à ne rien faire? La réponse est NON. Ne pas avoir d’emploi rémunéré ne signifie pas que je me pogne le popotin durant la journée. Nenni! Je me suis même payé du bon temps GRATIS chez ma copine à moi qui habite quelque part à Montréal, là où ça parle anglais et là où les maisons sont belles, vieilles et charmantes. Rien que du rire, du fun, de la bonne bouffe, de la bonne bière, du soleil et des enfants partout qui n’étaient pas les miens. Ça change de ma routine, ça!
À part ça… déjeuner avec mon père au resto. Ça faisant longtemps et c’était bon. Promenades au parc, à flâner, à me faire yeuter par les mecs de la ville et à lire Harry (Potter) ici et là sur le premier banc de parc que je voyais. Promenade au centre d’achat, à dépenser un peu dans les boutiques boudées au Saguenay. Souper au resto avec ma cousine. Souper au resto avec les parents, ciné avec ma mère, sushis achetés à l’improviste, yoga dans ma chambre, levée tôt le matin parce que je le voulais bien, couchée tard parce que je l’avais décidé.
Maintenant, la routine recommence à folle allure. Pas le temps de respirer. Pas le temps de voler au soleil les quelques rayons, fades et bas, qu’il daigne bien nous envoyer à travers les nuages. Pas le temps de ci, pas le temps de ça. À peine le temps d’écrire pour vous dire que je respire encore le même air que tout le monde. Même pas le temps de vous lire. Pas même le temps de lire Harry parce que, comme une grande, je fais toutes mes nuits depuis mon retour. Pas le temps de temps en temps, pas de temps tout le temps, du temps pas si souvent et puis vlan!