Elle est longue, ma crotte sur le coeur!
Certains lecteurs de ce blogue, pour ne pas LE nommer, croit à la blague que je sais tout, que je vois tout et que j’entends tout. Évidemment, il n’y a pas grand chose que je sais, en ce monde, et j’apprends de tout le monde un peu à chaque jour. J’apprends surtout de mes enfants, et ça, c’est la chose la plus merveilleuse qu’une diplômée universitaire peut expérimenter : apprendre de ses enfants, ou des enfants des autres, c’est presque la même chose.
Voilà pour le côté lumineux de la chose.
Son aspect sombre, maintenant.
Je suis loin de me proclamer p’tite Jo connaissante. Loin de là. J’expérimente ce que la vie me donne à expérimenter. Je tombe. Je me relève. J’essuie parfois les échecs aussi souvent que les réussites. J’essaie, le moins possible, d’avoir un bandeau noir sur les yeux, qui m’aveugle et m’empêche de percevoir les choses comme elles sont, en réalité, dans leur perfection ou leur imperfection. Quand on me dit quelque chose, ou quand je lis quelque chose, je l’assimile dans ma tête de linotte, du mieux que je peux, et j’en fais ce que je veux, en m’accordant la chance de tomber parfois sur mon derrière et en me disant : «Fadette! Tu tombes de haut. »
Comprenez qu’étant maman à la maison, dès que l’occasion se présente pour moi d’aider quelqu’un, d’une manière ou d’une autre, j’essaie de le faire, à ma façon, souvent imparfaite, maladroite, certes mais avec toute ma connaissance des choses, et, surtout, avec ma profonde conviction que la curiosité peut grandement nous aider à avancer.
Eh bien. Le plus triste, dans tout ça, c’est que, 9 fois sur 10, l’impression désagréable que le message ne franchit même pas l’oreille de mon interlocuteur s’imprime en moi et me laisse croire que je suis inutile. Inutile pour ceux que je pourrais aider, et qui refusent d’écouter, de collaborer, de seulement comprendre ce que je m’efforce à dire, à écrire ou à crier.
Étudier ne rend pas nécessairement intelligent, malheureusement. En discutant avec mon médecin de famille, pourtant très flyée dans le milieu, je constate un esprit de bottine assez avancé, irrécupérable. Pas moyen de discuter, de nuancer, de peut-être supposer que je connais mon corps mieux qu’elle et que le médicament que je prends depuis 1 an me rend malade plus qu’il me guérit. Pas moyen. Alors j’irai pas discuter de périsprit malade avec elle, elle me fera enfermer, sûr et certain. Désolant! Je lui dis depuis des années maintenant que j’ai le système immunitaire déficient. A-t-elle fait quelque chose pour ça? Euh…. Ben…. Euh…. Ahhh???? Le mois passé, elle me lance, fière d’elle : « Tu as un système immunitaire déficient ». Eh bien. Et moi, de lui demander, sans même lui dire que depuis que je fais exactement le contraire de ce qu’elle me dit, tout va beaucoup mieux : : « Que me suggères-tu pour me remettre sur pied? ». Réponse : « Il n’y a pas de médicament pour t’aider. »
St-cibole!
Autant ne pas lui dire que, grâce aux conseils de ma naturopathe, j’ai fait une croix sur les longues périodes d’insomnie, qui pouvaient durer facilement 3 ou 4 mois. Que j’ai fais une croix sur les virus à répétition. Sur les allergies alimentaire. Sur une panoplie de petits bobos qui empoisonnaient ma vie.
J’ai pas envie de raconter tout ça. Ça serait trop laborieux, trop peu intéressant à lire et ça raviverait en moi une souffrance tangible, celle de ne pas être crédible auprès de mes amis, de ma famille, parfois.
Nous sommes constamment envahis par les idées préconçues, souvent obtues, qui offensent notre intelligence mais dormir sur ces idées est une chose trop réconfortante pour avoir envie de bouger et de comprendre que, peut-être, un tout petit changement, dans nos habitudes alimentaires, dans notre rapport à la santé, ou dans tout autre domaine, pourrait parfois faire une énorme différence.
J’ai souvent cette triste et frustrante impression que je sais quelque chose qui pourrait aider une amie, une voisine ou un membre de la famille, mais qu’on m’accorde à peine la crédibilité possible pour éplucher une pomme de terre ou pour laver le plancher sans discuter.
Sois belle et tais-toi, s.t.p.! Fais-nous ce plaisir! Mais surtout, ferme-là, Fadette.
Sans prétendre à quelque supériorité que ce sois, tant au niveau des connaissances que de l’expérience, je préfère souvent me taire et laisser la personne avancer à l’aveuglette et se planter d’aplomb sans même le savoir, et lui faire croire que la crème qu’elle prétend sans parfum, mais qui en contient déjà beaucoup trop, est excellente pour la peau trop sensible de mon Chenapan… ou que le cocktail de fruit est bon pour la santé… ou que le sucre raffiné est 100% naturel… ou que l’asthme se soigne uniquement à coup de pompes chères et dévastatrices et qu’il existe aucune solution sensée, naturelle et scientifiquement prouvée…ou qu’une maladie physique n’a aucun lien avec le psychique… ou que le lait est tellement bon pour la santé que je ne comprends pas pourquoi je vais mieux depuis que j’ai cessé d’en boire, mais ça doit être dans ma tête! ou autres balivernes et légendes urbaines.
L’ignorance a toujours le dessus sur la connaissance.
C’était ma crotte sur le cœur.
Y en a marre, parfois.
Vraiment.
Je sais, je sais : Fadette, ferme-la.
par petite fadette | le 2009-05-15 17:08:39 | PERMALIEN
| Petite chiâleuse, Petite Perdue, Classe à part
La maison est éparpillée, dehors, sur mon vaste terrain.
Hier, le premier morceau du toit, tout bleu, est parti au vent comme une feuille légère sur laquelle nous pouvons imaginer un poème romantique et fougueux. Oui, j’appelle ça de la fougue, moi.
Le deuxième morceau du toit, aussi bleu que le premier, je l’ai détaché, sous les yeux craintifs de ma Princesse qui, charmante fille, avait surtout plus peur que sa maman s’envole au vent. Sa maison Little Tike qui fait sa grande joie de l’été peut bien s’envoler tant que sa maman, elle, reste intacte, frisettes comprises. Charmante coquine, va! L’amour de ma fille pour les gens et les valeurs essentielles vaut plus que tout, dans mon cœur.
Et dans le sien.
J’ai souvent l’impression que Princesse est plus vieille que moi.
par petite fadette | le 2009-05-15 09:36:59 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va