Camping, quétaineries et Elvis Gratton de ce monde.
« Rouler pas vite, ça veut dire 10 km/heure », sermonne la nasillarde voix de madame Louisette, qu’on imagine en jaquette, pour le plaisir, et qui a fait mon bonheur durant ma brève visite au camping St-G. à St-G., au lac St-J.
Pas besoin de billets d’avion. Juste une quarantaine de minutes de patience avant de plonger les pieds dans le sable brûlant d’une plage magnifique d’un lac gigantesque dont la légère courbe à l’horizon nous laisse deviner que la Terre n’est pas carrée.
Vivre à une quarantaine de minute d’un coin de paradis. C’est-tu pas beau, ça, mon ami?
Évidemment… Celui qui inventera une crème solaire qui n’attire pas le sable comme un aimant attire le fer n’est pas encore né, je crois. On ne peut pas tout avoir dans la vie.
Préoccupation matérielle et secondaire.
Les choses plus sérieuses, du genre dormir sur la plage en attendant de noircir comme un morceau de charbon.
Ou de rougir comme un homard trop cuit, selon l’épiderme, évidemment.
Ou bien se surprendre en train de fredonner une chanson quétaine du groupe non-moins quétaine les « BB ».
Ou bien pisser entre les deux tables de pique-nique abandonnées tout près de la clôture qui sépare le camping des terrains privés, à 2h le matin, le cul au froid mais le reste bien au chaud dans notre vieux pyjama en flanelle.
Attendre que tout le monde se réveille après une nuit reposante, Gabrielle Roy à la main, assise devant l’immensité du lac, le cœur ouvert à cette solitude des Commencements.
J’en redemande. J’en redemande encore. Même si je suis archi-pourrite dans le montage et le démontage d’une tente. Et même s’il me faut coûte que coûte un Roméo, car j’ai été élevée à avoir peur de tout, et qu’à mon âge, il est bien difficile de semer une âme de scout dans un cœur de rêveuse solitaire très peu adroite de ses mains, à part évidemment pour tourner les pages d’un roman enchanteresse, de façonner de tendres boulettes qui composeront un décadent ragoût ou pour savonner-frotter-rincer une tenace tache d’une couleur improbable qui décore sans grâce le chandail à rayures roses de ma Princesse Pout Pout, nouvellement baptisée « L’enfant du siècle » pour les besoins de la cause.
Voilà tout ce que j’avais à dire.
Et maintenant.
Le sacro-saint SILENCE.
par petite fadette | le 2009-06-15 09:51:12 | PERMALIEN
| Ainsi va la vie qui va